MALDIVES : ENTRE CATASTROPHISME ET DÉNI, QUE DISENT LES MESURES ?
D'un côté, les projections climatiques nous présentent les Maldives comme l'un des territoires les plus menacés par la montée des océans.
De l'autre, certains répondent :
« La mer ne monte pas. Regardez l'aéroport des Maldives : il existe depuis 1966 et il est toujours là. »
Mais entre ces deux discours, il existe une troisième voie : regarder ce qui a réellement été mesuré.
À Hulhulé, précisément sur l'île où se trouve l'aéroport international de Malé, un marégraphe dispose d'une série de mesures allant de 1989 à 2017, avec environ 93 % de données disponibles.
Ces observations montrent bien une élévation du niveau marin, avec d'importantes fluctuations d'une année à l'autre. Sur cette période, on est dans un ordre de grandeur de quelques millimètres par an, soit environ une dizaine de centimètres sur trois décennies.
Ce n'est donc ni :
❌ « la mer ne monte pas »
ni
❌ « l'aéroport va être englouti demain ».
La réalité observée est beaucoup plus nuancée.
Une hausse d'une dizaine de centimètres en trente ans est réelle et elle doit être prise en compte. Pour une île très basse, elle peut augmenter les risques de submersion, d'érosion ou nécessiter des protections supplémentaires.
Mais elle reste aussi, sur cette période, une évolution à laquelle une infrastructure comme un aéroport peut s'adapter : remblaiement, protections côtières, élévation des terrains et modification des infrastructures.
Il faut surtout distinguer trois choses que l'on mélange constamment dans le débat climatique :
la mesure, qui nous dit ce qui s'est réellement produit ;
la tendance, calculée à partir de ces observations ;
la projection, qui estime ce qui pourrait se produire demain selon différents scénarios.
Le GIEC projette pour 2100 une élévation moyenne mondiale comprise approximativement entre 28 cm et 1 m, selon les scénarios d'émissions retenus.
Ce sont des projections.
Les mesures, elles, racontent ce qui s'est déjà passé.
Et pour débattre sérieusement du climat, peut-être faudrait-il commencer par ne plus confondre les deux.
Ni catastrophisme. Ni déni. Des mesures, des faits, puis le débat.
Source principale : Permanent Service for Mean Sea Level (PSMSL), station MALE-B – Hulhulé, Maldives.
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