Depuis toujours, les gouvernements affirment vouloir la paix. Pourtant, lorsqu'on observe l'histoire, une question dérange s'impose : la paix est-elle toujours compatible avec les intérêts des États ?
Une guerre permet de justifier des dépenses exceptionnelles, de renforcer les pouvoirs exécutifs, de mobiliser l'opinion publique autour d'un ennemi commun, de soutenir certaines industries stratégiques, de redessiner des équilibres géopolitiques et parfois de repousser des crises politiques internes.
Si ces mécanismes existent, alors une question éthique apparaît.
Quels contre-pouvoirs empêchent un État de considérer la guerre non plus comme un échec, mais comme un outil politique ?
L'histoire montre que les démocraties ne sont pas immunisées contre cette tentation. Les régimes autoritaires non plus. La différence réside moins dans la nature du régime que dans la capacité des citoyens, des institutions, de la presse, de la justice et des parlements à contrôler les décisions qui conduisent à la guerre.
Car une démocratie ne devrait jamais demander seulement : « Pouvons-nous faire la guerre ? »
Elle devrait d'abord se demander :
« Qui bénéficie réellement de cette guerre ? Qui en supporte le coût ? Et qui décide qu'elle est devenue nécessaire ? »
Ces trois questions sont peut-être les véritables fondements d'une politique de paix.
La paix ne se construit pas uniquement par la bonne volonté des dirigeants. Elle dépend aussi de la transparence, du contrôle démocratique, de l'accès aux informations, du débat public et de la possibilité, pour les citoyens, de remettre en cause les récits officiels lorsqu'ils ne sont pas suffisamment étayés.
Autrement dit, la première protection contre la guerre n'est peut-être pas l'armée.
C'est une citoyenneté suffisamment informée pour demander des comptes à ceux qui décident de l'usage de la force.
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