18 août 2026

Maldives,et demain



MALDIVES : ENTRE CATASTROPHISME ET DÉNI, QUE DISENT LES MESURES ?

D'un côté, les projections climatiques nous présentent les Maldives comme l'un des territoires les plus menacés par la montée des océans.

De l'autre, certains répondent :
« La mer ne monte pas. Regardez l'aéroport des Maldives : il existe depuis 1966 et il est toujours là. »

Mais entre ces deux discours, il existe une troisième voie : regarder ce qui a réellement été mesuré.

À Hulhulé, précisément sur l'île où se trouve l'aéroport international de Malé, un marégraphe dispose d'une série de mesures allant de 1989 à 2017, avec environ 93 % de données disponibles.

Ces observations montrent bien une élévation du niveau marin, avec d'importantes fluctuations d'une année à l'autre. Sur cette période, on est dans un ordre de grandeur de quelques millimètres par an, soit environ une dizaine de centimètres sur trois décennies.

Ce n'est donc ni :

❌ « la mer ne monte pas »
ni
❌ « l'aéroport va être englouti demain ».

La réalité observée est beaucoup plus nuancée.

Une hausse d'une dizaine de centimètres en trente ans est réelle et elle doit être prise en compte. Pour une île très basse, elle peut augmenter les risques de submersion, d'érosion ou nécessiter des protections supplémentaires.

Mais elle reste aussi, sur cette période, une évolution à laquelle une infrastructure comme un aéroport peut s'adapter : remblaiement, protections côtières, élévation des terrains et modification des infrastructures.

Il faut surtout distinguer trois choses que l'on mélange constamment dans le débat climatique :

la mesure, qui nous dit ce qui s'est réellement produit ;

la tendance, calculée à partir de ces observations ;

la projection, qui estime ce qui pourrait se produire demain selon différents scénarios.

Le GIEC projette pour 2100 une élévation moyenne mondiale comprise approximativement entre 28 cm et 1 m, selon les scénarios d'émissions retenus.

Ce sont des projections.
Les mesures, elles, racontent ce qui s'est déjà passé.

Et pour débattre sérieusement du climat, peut-être faudrait-il commencer par ne plus confondre les deux.

Ni catastrophisme. Ni déni. Des mesures, des faits, puis le débat.

Source principale : Permanent Service for Mean Sea Level (PSMSL), station MALE-B – Hulhulé, Maldives.

14 août 2026

La décadence de l'Occident



L’homme debout

L’Occident a tout. Et quelque chose en lui dépérit.

Il mange trop, boit trop, consomme trop. Il a fait reculer le manque et installé le désir à sa place. Il nourrit son corps à toute heure, satisfait ses envies avant même qu’elles deviennent des besoins. Il a voulu libérer l’homme de toutes les privations, lui épargner l’effort, l’attente, la frustration. Et pourtant, à mesure qu’il lui donnait davantage, l’homme semble s’être alourdi.

Puis je vois arriver d’Afrique un homme grand, droit, puissant. Et je m’arrête sur cette contradiction. Il vient d’un continent marqué par la pauvreté et la faim, et pourtant il porte dans son corps quelque chose que notre abondance ne semble pas savoir donner : une force, une stature, une verticalité. Alors une question s’impose : qu’est-ce qui nourrit réellement un homme ?

Car nous avons peut-être commis une erreur immense. Nous avons cru que pour élever l’homme, il fallait satisfaire toujours davantage son corps. Alors nous l’avons nourri, protégé, diverti, comblé. Nous avons répondu à chacune de ses sollicitations jusqu’à ne presque plus supporter qu’un désir demeure insatisfait. Mais pendant que nous nourrissions ainsi le corps, avons-nous nourri ce qui, en l’homme, devait gouverner le reste ?

À force de donner au corps tout ce qu’il réclame, nous lui avons peut-être donné le pouvoir. La faim demande à être immédiatement apaisée, le désir immédiatement satisfait, le plaisir immédiatement renouvelé. Et doucement, presque sans nous en apercevoir, quelque chose s’est renversé : l’homme qui devait gouverner ses sens est devenu leur serviteur.

Alors je regarde à nouveau cet homme venu d’Afrique. Je ne sais pas ce qui l’a rendu fort et je ne prétends pas le savoir. Mais l’image me parle. Là où je m’attendrais à voir les traces du manque, je vois la force. Et là où je devrais trouver la force, puisque nous avons tout, je vois si souvent l’excès, la dépendance, l’épuisement, des corps rassasiés qui semblent pourtant ne jamais l’être vraiment.

Peut-être est-ce un signe. Peut-être que l’homme ne s’élève pas en remplissant toujours davantage son corps. Peut-être existe-t-il une autre nourriture, invisible celle-là, qui ne se compte ni en calories ni en biens possédés : celle qui permet de tenir lorsque le corps réclame, de traverser le manque sans perdre sa dignité, de rester debout lorsque tout n'est pas donné, de lever les yeux au-delà de ce que les mains peuvent saisir.

Alors cette parole cesse d’être une formule ancienne et devient presque un avertissement adressé à notre époque : « L’homme ne vit pas seulement de pain. »

Nous avons le pain. Nous avons même l’abondance. Nous avons consacré une part immense de notre civilisation à nourrir, protéger et satisfaire le corps.

Mais avons-nous encore ce qui fait tenir l’homme debout ?

Ministère de la vérité



Le ministère de la vérité

Dans 1984, George Orwell imagine le Ministère de la Vérité : une institution chargée de déterminer le récit acceptable et de réécrire continuellement l'information.

Dans Le Meilleur des mondes, Aldous Huxley imagine un autre mécanisme : le contrôle ne repose plus principalement sur la contrainte. Il devient acceptable parce qu'il apporte confort, simplicité et sécurité.

Deux dystopies. Deux mécanismes différents. Et une question très actuelle : à partir de quand un outil conçu pour protéger ou simplifier devient-il un outil de contrôle ?

En France, l'identité numérique poursuit aujourd'hui son déploiement.

France Identité est portée par France Titres, sous tutelle du ministère de l'Intérieur. Elle permet déjà de prouver son identité en ligne et d'accéder à de nombreux services. Elle doit également devenir le portefeuille français prévu par le règlement européen eIDAS 2, dont le déploiement se poursuit à l'échelle européenne.

Mais la question dépasse l'application elle-même.

Car parallèlement se développent des mécanismes permettant de vérifier l'âge, authentifier les individus, limiter certains accès et rattacher de plus en plus facilement une activité numérique à une personne réelle.

Et puis apparaissent des bases comme Conspipédia, créée par Conspiracy Watch, qui répertorie notamment des personnalités, des médias, des œuvres et des notions associés par sa rédaction à la « culture complotiste

Chacune peut avoir une justification légitime prise séparément : lutter contre l'usurpation d'identité, protéger les mineurs, combattre la fraude ou documenter la désinformation.

Mais qui contrôle ceux qui contrôlent ?

Qui définit demain ce qui relève de la désinformation ?

Qui décide des critères permettant de classifier une personne, un média ou une opinion ?

Et surtout : que deviendrait un tel système si, dans dix ou vingt ans, ses finalités changeaient ?

C'est peut-être là que les deux romans deviennent intéressants.

Le véritable enjeu démocratique est de savoir quelles limites nous imposons aujourd'hui aux outils que d'autres pourront utiliser demain.

Et les fact-checkers dans tout ça ?


Un autre acteur mérite d'être ajouté à cette réflexion : le fact-checker.


À l'origine, le principe est utile : vérifier une affirmation, retrouver la source originale, confronter les chiffres et distinguer le vrai du faux. Une démarche indispensable face à la masse d'informations qui circule aujourd'hui.


Mais une question apparaît lorsque cette vérification ne sert plus seulement à informer, mais peut participer à classifier ou réduire la visibilité d'un contenu sur une plateforme.


Il faut alors distinguer les responsabilités : le fact-checker vérifie et qualifie, la plateforme décide de la diffusion ou de la modération, et l'État fixe le cadre juridique.


Ce ne sont pas les mêmes acteurs. Et aucun fact-checker ne constitue à lui seul un « ministère de la Vérité ».


Mais mis en perspective avec l'identité numérique, la vérification de l'âge, la modération automatisée et les bases recensant des personnes ou des opinions, cela soulève une question plus large :


Qui vérifie les vérificateurs ?

Selon quels critères ?

Avec quels recours lorsqu'ils se trompent ?


C'est peut-être aussi cela que nous rappellent 1984 et Le Meilleur des mondes : le problème n'est pas seulement de savoir qui détient l'information, mais qui acquiert progressivement le pouvoir de l'identifier, la qualifier, la classer et décider de sa visibilité.


La vérification des faits est nécessaire.


Le pluralisme et la possibilité de contester ceux qui les vérifient le sont tout autant.

Sources

• France Identité – service public officiel de l'identité numérique
• France Identité – règlement eIDAS 2 et portefeuille européen d'identité numérique
• CNIL – avis relatifs à France Identité et nécessité de préserver son caractère facultatif
• Conspiracy Watch – Conspipédia et ses notices « Personnalités », « Notions », « Médias » et « Œuvres »

09 août 2026

Internet est libre. Mais nos données le sont-elles ?


Du Web ouvert à la protection des données : le lien entre Tim Berners-Lee et Proton

En 1993, le CERN rend le logiciel du World Wide Web librement accessible. Cette décision permet à chacun d’utiliser et de développer le Web sans devoir obtenir l’autorisation d’un propriétaire.

Plus de trente ans plus tard, la protection des données personnelles constitue un autre enjeu de la liberté sur Internet.

C’est sur ce terrain que l’on retrouve Tim Berners-Lee aux côtés de Proton.

Créé en 2014 par des scientifiques rencontrés au CERN, Proton développe des services numériques centrés sur la confidentialité : messagerie, stockage de fichiers, VPN, calendrier ou gestionnaire de mots de passe.

Tim Berners-Lee n’est pas le fondateur de Proton. Il a rejoint son conseil consultatif en 2021 et siège aujourd’hui au conseil d’administration de la Proton Foundation, l’organisation à but non lucratif créée pour préserver la mission de Proton.

Le principe est concret : permettre aux utilisateurs de conserver davantage de contrôle sur leurs informations personnelles, notamment grâce au chiffrement de bout en bout et au chiffrement à accès nul pour certains services.

La liberté sur Internet concerne donc deux dimensions complémentaires :

pouvoir accéder librement au Web et pouvoir protéger les données que l’on y échange.

Messages, documents, recherches, fichiers ou informations personnelles appartiennent à la sphère privée de chacun.

La protection des données participe directement à la protection de cette liberté numérique.

Proton : [https://proton.me](https://proton.me?utm_source=chatgpt.com)

08 août 2026

Contrôle universel



🌐 Le Web a changé le monde parce que personne ne le possédait. Qu’en sera-t-il de l’intelligence artificielle ?

En 1993, une décision presque administrative va contribuer à changer profondément notre société.

Le CERN rend le logiciel du World Wide Web librement accessible.

Tim Berners-Lee, à l'origine du Web, aurait pu défendre une autre logique : protéger la technologie, contrôler son utilisation, imposer des licences, organiser son exploitation commerciale.

L'histoire a pris un autre chemin.

Le Web devait pouvoir être utilisé par tous.

Et c'est peut-être précisément là que se trouve l'une des raisons de son extraordinaire développement.

Pas besoin de demander l'autorisation d'une entreprise pour créer un site Internet.
Pas de redevance à payer pour utiliser les principes fondamentaux du Web.
Pas de propriétaire décidant seul qui pouvait construire dessus.

Des universités, des entreprises, des associations, des particuliers et bientôt des milliards de personnes ont pu s'en emparer.

Une infrastructure ouverte a permis une explosion de l'innovation.

Trente-trois ans plus tard, nous sommes peut-être devant un nouveau basculement historique : celui de l'intelligence artificielle.

Mais le modèle est très différent.

Les systèmes d'IA les plus puissants nécessitent aujourd'hui des quantités considérables de données, de puissance informatique, de centres de données, de processeurs et de capitaux.

Une part importante de cette infrastructure est contrôlée par un nombre relativement limité d'entreprises.

Et cela change profondément la question.

Car lorsqu'une technologie devient une infrastructure essentielle pour apprendre, travailler, rechercher, créer, communiquer ou accéder à l'information, celui qui contrôle cette infrastructure acquiert nécessairement un pouvoir considérable.

Pouvoir sur les conditions d'accès.

Pouvoir sur les prix.

Pouvoir sur les usages autorisés.

Pouvoir sur les données.

Pouvoir, enfin, sur les règles permettant aux autres de construire à partir de cette technologie.

Il ne s'agit pas d'opposer naïvement le public au privé ou la gratuité au commerce.

Le développement de l'intelligence artificielle nécessite des investissements gigantesques, de la recherche, des infrastructures et des entreprises capables de les financer.

Mais l'histoire du Web nous rappelle quelque chose d'essentiel :

une technologie peut créer beaucoup plus de valeur lorsqu'elle devient un socle sur lequel chacun peut construire que lorsqu'elle reste entièrement enfermée derrière les portes de quelques propriétaires.

C'est peut-être l'un des grands débats technologiques des prochaines années.

Nous parlons beaucoup des performances de l'intelligence artificielle.

Nous devrions peut-être parler davantage de son architecture économique et politique.

Car la question n'est plus seulement :

Que pourra faire l'intelligence artificielle ?

Elle devient aussi :

Qui possédera les infrastructures qui nous permettront de l'utiliser ?

En 1993, le Web a reçu une réponse particulière à cette question : l'ouverture.

L'histoire nous dira quelle réponse nous aurons choisie pour l'intelligence artificielle.

Source : CERN, A short history of the Web et documentation historique sur la mise à disposition du logiciel World Wide Web le 30 avril 1993 ; article Sciencepost, 7 août 2026, consacré à la décision du CERN et de Tim Berners-Lee.

06 août 2026

Nous sommes en guerre!

Les États ont-ils encore intérêt à la paix ?
Depuis toujours, les gouvernements affirment vouloir la paix. Pourtant, lorsqu'on observe l'histoire, une question dérange s'impose : la paix est-elle toujours compatible avec les intérêts des États ?
Une guerre permet de justifier des dépenses exceptionnelles, de renforcer les pouvoirs exécutifs, de mobiliser l'opinion publique autour d'un ennemi commun, de soutenir certaines industries stratégiques, de redessiner des équilibres géopolitiques et parfois de repousser des crises politiques internes.
Si ces mécanismes existent, alors une question éthique apparaît.
Quels contre-pouvoirs empêchent un État de considérer la guerre non plus comme un échec, mais comme un outil politique ?
L'histoire montre que les démocraties ne sont pas immunisées contre cette tentation. Les régimes autoritaires non plus. La différence réside moins dans la nature du régime que dans la capacité des citoyens, des institutions, de la presse, de la justice et des parlements à contrôler les décisions qui conduisent à la guerre.
Car une démocratie ne devrait jamais demander seulement : « Pouvons-nous faire la guerre ? »
Elle devrait d'abord se demander :
« Qui bénéficie réellement de cette guerre ? Qui en supporte le coût ? Et qui décide qu'elle est devenue nécessaire ? »
Ces trois questions sont peut-être les véritables fondements d'une politique de paix.
La paix ne se construit pas uniquement par la bonne volonté des dirigeants. Elle dépend aussi de la transparence, du contrôle démocratique, de l'accès aux informations, du débat public et de la possibilité, pour les citoyens, de remettre en cause les récits officiels lorsqu'ils ne sont pas suffisamment étayés.
Autrement dit, la première protection contre la guerre n'est peut-être pas l'armée.
C'est une citoyenneté suffisamment informée pour demander des comptes à ceux qui décident de l'usage de la force.

La Plandémie,une manipulation politico-médicale

Deux événements se sont télescopés à Washington fin juillet. Le 29, Anthony Fauci comparaissait devant la commission sénatoriale de la sécurité intérieure. Le 30, était rendu public le rapport final de la sous-commission spéciale de la Chambre des représentants sur la pandémie de coronavirus.

Le premier a produit du spectacle. Le second a produit un document, et c’est celui-là qui mérite d’être lu.

Ce que dit le rapport

Le rapport conclut à une origine probablement liée à un accident de laboratoire ou de recherche à Wuhan. Il ne soutient pas que le SARS-CoV-2 aurait été conçu ou libéré délibérément comme arme biologique, et présente sa conclusion comme une évaluation de probabilité, non comme une preuve définitive.

Son argument principal est une absence. Aucun animal infecté n’a été identifié au marché de Huanan ni dans sa chaîne d’approvisionnement. Lors des précédentes épidémies zoonotiques, les enquêteurs avaient retrouvé les animaux infectés, les premiers cas humains exposés à ces animaux, et les formes ancestrales du virus. Rien de comparable n’existe pour le Covid.

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La piste du pangolin, avancée au début de la pandémie, n’a rien tranché. Robert Garry, l’un des auteurs de l’article The Proximal Origin of SARS-CoV-2, a reconnu ultérieurement que les séquences de coronavirus trouvées chez les pangolins ne permettaient pas d’établir si le virus pandémique avait émergé naturellement ou par la recherche en laboratoire.

Le rapport s’appuie aussi sur des courriels montrant que des scientifiques ayant d’abord jugé plausible une origine de laboratoire se sont ensuite employés à la réfuter. Kristian Andersen, premier auteur de Proximal Origin, écrivait en février 2020 que son groupe s’était concentré sur la réfutation des thèses de laboratoire alors même que les éléments disponibles restaient non concluants. Fauci et d’autres responsables scientifiques auraient encouragé la production de cet article, que Fauci a ensuite cité publiquement à l’appui de l’explication naturelle.

La règle des deux mètres de distanciation basé sur rien

C’est probablement le passage le plus parlant pour le grand public.

La distance d’un mètre quatre-vingt — six pieds — a structuré le fonctionnement des écoles, des commerces, des églises, des entreprises et des services publics pendant des mois. Le rapport conclut qu’aucune donnée scientifique quantitative n’appuyait cette distance précise. Interrogé par les enquêteurs, Fauci a expliqué que la règle relevait d’une décision empirique et qu’elle était « en quelque sorte apparue », sans comparaison contrôlée entre différentes distances.

Elle a pourtant été érigée en obligation quasi universelle par les gouvernements comme par les entreprises, avec pour conséquences la réduction des capacités d’accueil, la prolongation des fermetures d’écoles, la sanction de ceux qui la contestaient, et l’érosion de la vie sociale ordinaire.

Le rapport impute aux confinements prolongés des dégâts économiques, des troubles de santé mentale, des retards de soins, des pertes d’apprentissage, une dégradation physique et des perturbations du développement de l’enfant. Il en tire un principe simple : la réponse à une maladie ne doit pas causer plus de dommages que la maladie elle-même.

Il reproche également aux responsables d’avoir marginalisé les stratégies alternatives, à commencer par la « protection ciblée » proposée par la déclaration de Great Barrington — lever les restrictions pour les populations à faible risque, concentrer la protection sur les personnes vulnérables. Le texte ne préconisait ni d’infecter délibérément la population, ni de laisser circuler le virus sans contrôle. Le directeur des NIH, Francis Collins, n’en réclamait pas moins par écrit une « démolition rapide et dévastatrice » publiée de ses prémisses.

Les vaccins : une distinction que le rapport maintient

Sur ce point, le document est plus nuancé que ses commentateurs. Il affirme que les vaccins ont réduit le risque de forme grave et de décès et qu’ils ont « incontestablement sauvé des millions de vies ». Il qualifie l’opération Warp Speed, qui a accéléré leur développement, de succès majeur.

Ce qu’il retient en revanche, c’est une exagération de ce qu’ils permettaient. La vaccination a d’abord réduit l’infection et la transmission, en particulier face aux premiers variants, mais sans jamais offrir une protection complète ni durable contre l’une ou l’autre. Les dirigeants politiques ont pourtant continué à présenter la vaccination comme un moyen d’empêcher de contracter et de transmettre le virus — argument qui a servi à justifier les obligations professionnelles, les passes sanitaires et les restrictions imposées aux non-vaccinés.

Le rapport reproche enfin aux autorités américaines d’avoir sous-évalué l’immunité acquise par infection antérieure, alors que les données montraient une protection substantielle contre la réinfection et les formes graves. De nombreuses obligations vaccinales n’en tenaient aucun compte.

Il documente également les pressions exercées par l’administration Biden sur les plateformes pour faire retirer ou limiter des contenus relatifs au Covid.

Ce que le rapport ne règle pas

Il faut prendre la mesure de ce que ce document est, et de ce qu’il n’est pas.

C’est le rapport d’une sous-commission de la Chambre des représentants, à majorité républicaine, dans un contexte politique où l’administration américaine a fait de la thèse du laboratoire une position officielle — une page du site de la Maison-Blanche intitulée « Lab Leak » a été publiée le 18 avril 2025.

En face, 27 experts indépendants missionnés par l’OMS estimaient en juin 2025 que le poids des preuves disponibles allait dans le sens d’une transmission zoonotique, directement par des chauves-souris ou via un hôte intermédiaire. Conclusion elle-même prudente, les autorités chinoises pratiquant une rétention des données nécessaires pour compléter l’étude.

Autrement dit : deux évaluations de probabilité divergentes, aucune preuve, et une partie des données bloquée à Pékin. Nous ne saurons peut-être jamais comment ce virus est entré dans la population humaine.

L’audition Fauci, elle, n’a rien produit

Le contraste avec la séance du 29 juillet est saisissant. Trois heures durant, des sénateurs républicains ont accumulé les accusations contre l’ancien conseiller médical de la Maison-Blanche. Celui-ci a répondu 111 fois qu’il déclinait respectueusement de répondre, en invoquant le cinquième amendement. Son avocat, qui souhaitait s’exprimer, a été prié de sortir.

Quelques jours avant la convocation, le journal personnel que Fauci avait tenu pendant la pandémie — plus de 1 100 pages — avait été diffusé contre son gré par Rand Paul, sénateur du Kentucky et président de la commission. Le sénateur du Missouri Josh Hawley a conclu son intervention en espérant qu’un jour, d’une manière ou d’une autre, l’intéressé paierait pour ses crimes. Fauci avait été gracié préventivement par Joe Biden fin 2024 pour ses actes entre 2014 et janvier 2025, ce qui ne le protège que des poursuites fédérales.

Sur le fond, un point factuel reste établi : 600 000 dollars ont bien été versés à l’Institut de virologie de Wuhan par l’intermédiaire de l’organisation EcoHealth, via les NIH dont dépendait l’institut dirigé par Fauci. Ce dernier reconnaît le versement et conteste que cet argent ait financé des expériences problématiques.

Et maintenant

La veille de l’audition, le ministère américain de la Santé a confirmé de nouvelles règles interdisant le soutien fédéral aux recherches dangereuses de gain de fonction, aux États-Unis comme à l’étranger, et instaurant un examen indépendant renforcé pour certaines recherches à haut risque. Elles prolongent un décret présidentiel signé en mai 2025.

L’American Society of Microbiology s’en est alarmée dans un communiqué du 29 juillet, estimant que la nouvelle politique définit trop largement plusieurs catégories de recherche et entravera la capacité nationale à répondre aux futures épidémies. Son directeur de la stratégie, Allen Segal, plaide pour investir dans les infrastructures et la formation plutôt que de contraindre la recherche.

En Europe, aucun exercice comparable n’a été mené. Ni sur l’origine du virus, ni sur la base scientifique des distances imposées, ni sur les contrats de vaccins négociés par la Commission européenne, ni sur la proportionnalité des passes sanitaires. Les questions que le rapport américain pose valent pourtant mot pour mot pour les décisions prises à Paris, à Bruxelles ou à Berlin.

Le rapport final de la sous-commission spéciale de la Chambre des représentants sur la pandémie de coronavirus est consultable sur le site du Congrès américain.

[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.

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