09 août 2026

Internet est libre. Mais nos données le sont-elles ?


Du Web ouvert à la protection des données : le lien entre Tim Berners-Lee et Proton

En 1993, le CERN rend le logiciel du World Wide Web librement accessible. Cette décision permet à chacun d’utiliser et de développer le Web sans devoir obtenir l’autorisation d’un propriétaire.

Plus de trente ans plus tard, la protection des données personnelles constitue un autre enjeu de la liberté sur Internet.

C’est sur ce terrain que l’on retrouve Tim Berners-Lee aux côtés de Proton.

Créé en 2014 par des scientifiques rencontrés au CERN, Proton développe des services numériques centrés sur la confidentialité : messagerie, stockage de fichiers, VPN, calendrier ou gestionnaire de mots de passe.

Tim Berners-Lee n’est pas le fondateur de Proton. Il a rejoint son conseil consultatif en 2021 et siège aujourd’hui au conseil d’administration de la Proton Foundation, l’organisation à but non lucratif créée pour préserver la mission de Proton.

Le principe est concret : permettre aux utilisateurs de conserver davantage de contrôle sur leurs informations personnelles, notamment grâce au chiffrement de bout en bout et au chiffrement à accès nul pour certains services.

La liberté sur Internet concerne donc deux dimensions complémentaires :

pouvoir accéder librement au Web et pouvoir protéger les données que l’on y échange.

Messages, documents, recherches, fichiers ou informations personnelles appartiennent à la sphère privée de chacun.

La protection des données participe directement à la protection de cette liberté numérique.

Proton : [https://proton.me](https://proton.me?utm_source=chatgpt.com)

08 août 2026

Contrôle universel



🌐 Le Web a changé le monde parce que personne ne le possédait. Qu’en sera-t-il de l’intelligence artificielle ?

En 1993, une décision presque administrative va contribuer à changer profondément notre société.

Le CERN rend le logiciel du World Wide Web librement accessible.

Tim Berners-Lee, à l'origine du Web, aurait pu défendre une autre logique : protéger la technologie, contrôler son utilisation, imposer des licences, organiser son exploitation commerciale.

L'histoire a pris un autre chemin.

Le Web devait pouvoir être utilisé par tous.

Et c'est peut-être précisément là que se trouve l'une des raisons de son extraordinaire développement.

Pas besoin de demander l'autorisation d'une entreprise pour créer un site Internet.
Pas de redevance à payer pour utiliser les principes fondamentaux du Web.
Pas de propriétaire décidant seul qui pouvait construire dessus.

Des universités, des entreprises, des associations, des particuliers et bientôt des milliards de personnes ont pu s'en emparer.

Une infrastructure ouverte a permis une explosion de l'innovation.

Trente-trois ans plus tard, nous sommes peut-être devant un nouveau basculement historique : celui de l'intelligence artificielle.

Mais le modèle est très différent.

Les systèmes d'IA les plus puissants nécessitent aujourd'hui des quantités considérables de données, de puissance informatique, de centres de données, de processeurs et de capitaux.

Une part importante de cette infrastructure est contrôlée par un nombre relativement limité d'entreprises.

Et cela change profondément la question.

Car lorsqu'une technologie devient une infrastructure essentielle pour apprendre, travailler, rechercher, créer, communiquer ou accéder à l'information, celui qui contrôle cette infrastructure acquiert nécessairement un pouvoir considérable.

Pouvoir sur les conditions d'accès.

Pouvoir sur les prix.

Pouvoir sur les usages autorisés.

Pouvoir sur les données.

Pouvoir, enfin, sur les règles permettant aux autres de construire à partir de cette technologie.

Il ne s'agit pas d'opposer naïvement le public au privé ou la gratuité au commerce.

Le développement de l'intelligence artificielle nécessite des investissements gigantesques, de la recherche, des infrastructures et des entreprises capables de les financer.

Mais l'histoire du Web nous rappelle quelque chose d'essentiel :

une technologie peut créer beaucoup plus de valeur lorsqu'elle devient un socle sur lequel chacun peut construire que lorsqu'elle reste entièrement enfermée derrière les portes de quelques propriétaires.

C'est peut-être l'un des grands débats technologiques des prochaines années.

Nous parlons beaucoup des performances de l'intelligence artificielle.

Nous devrions peut-être parler davantage de son architecture économique et politique.

Car la question n'est plus seulement :

Que pourra faire l'intelligence artificielle ?

Elle devient aussi :

Qui possédera les infrastructures qui nous permettront de l'utiliser ?

En 1993, le Web a reçu une réponse particulière à cette question : l'ouverture.

L'histoire nous dira quelle réponse nous aurons choisie pour l'intelligence artificielle.

Source : CERN, A short history of the Web et documentation historique sur la mise à disposition du logiciel World Wide Web le 30 avril 1993 ; article Sciencepost, 7 août 2026, consacré à la décision du CERN et de Tim Berners-Lee.

06 août 2026

Nous sommes en guerre!

Les États ont-ils encore intérêt à la paix ?
Depuis toujours, les gouvernements affirment vouloir la paix. Pourtant, lorsqu'on observe l'histoire, une question dérange s'impose : la paix est-elle toujours compatible avec les intérêts des États ?
Une guerre permet de justifier des dépenses exceptionnelles, de renforcer les pouvoirs exécutifs, de mobiliser l'opinion publique autour d'un ennemi commun, de soutenir certaines industries stratégiques, de redessiner des équilibres géopolitiques et parfois de repousser des crises politiques internes.
Si ces mécanismes existent, alors une question éthique apparaît.
Quels contre-pouvoirs empêchent un État de considérer la guerre non plus comme un échec, mais comme un outil politique ?
L'histoire montre que les démocraties ne sont pas immunisées contre cette tentation. Les régimes autoritaires non plus. La différence réside moins dans la nature du régime que dans la capacité des citoyens, des institutions, de la presse, de la justice et des parlements à contrôler les décisions qui conduisent à la guerre.
Car une démocratie ne devrait jamais demander seulement : « Pouvons-nous faire la guerre ? »
Elle devrait d'abord se demander :
« Qui bénéficie réellement de cette guerre ? Qui en supporte le coût ? Et qui décide qu'elle est devenue nécessaire ? »
Ces trois questions sont peut-être les véritables fondements d'une politique de paix.
La paix ne se construit pas uniquement par la bonne volonté des dirigeants. Elle dépend aussi de la transparence, du contrôle démocratique, de l'accès aux informations, du débat public et de la possibilité, pour les citoyens, de remettre en cause les récits officiels lorsqu'ils ne sont pas suffisamment étayés.
Autrement dit, la première protection contre la guerre n'est peut-être pas l'armée.
C'est une citoyenneté suffisamment informée pour demander des comptes à ceux qui décident de l'usage de la force.